Les voici les p’tits "Bleuets",
Les Bleuets couleur des cieux
Ils vont jolis, gais et coquets,
Car ils n’ont pas froid aux yeux.
En avant partez joyeux ;
Partez, amis, au revoir !
Salut à vous, les petits
"bleus",
Petits "bleuets", vous notre espoir !
Alphonse BOURGOIN - "Bleuets de France", Chansons et poèmes de guerres, 1916.
C'est après la guerre de 14-18 que le bleuet est choisi en France comme fleur du souvenir des mutilés de la guerre. Le bleuet qui est capable de pousser sur les terres ravagées des combats atteste aux combattants que la vie continue même pendant la
guerre.
C'est au sortir de la guerre que deux femmes seront à l’origine du bleuet de
France ; Charlotte Maleterre et Suzanne Lenhardt (infirmière et veuve de guerre).
Toutes les deux travaillaient à l’Hôtel des Invalides de Paris et face à l’afflux des
invalides dans toutes les structures hospitalières de Paris, elles prendront l’initiative de créer un atelier de confection de fleurs en tissu réalisées par les invalides eux-mêmes. La vente de
cette production permet aux mutilés de disposer d’un revenu de substitution.
Le coquelicot :
En 1915, le lieutenant colonel John Mc Crae, un médecin militaire canadien, écrit un célèbre poème
intitulé "In Flanders Fields" ("Dans les champs des Flandres") à la suite de la mort de son ami tué par un obus allemand à Ypres, enterré dans une tombe de fortune marquée d'une simple croix de
bois, où les coquelicots sauvages poussent entre les rangées.
Traduction de J.P. van NOPPEN
Sous les rouges coquelicots des cimetières flamands
Qui parmi les rangées de croix bougent dans le vent,
Nous sommes enterrés. Et dans le bleu des cieux,
Les alouettes encore lancent leur cri courageux
Que plus personne n'entend sous le bruit des
canons.
Nous sommes morts : il y a à peine quelques
jours,
Nous connaissions les joies de la vie, de
l'amour,
La fraicheur de l'aurore, les lueurs du ponant.
Maintenant nos corps sans vie reposent en sol
flamand.
Nos mains inanimées vous tendent le flambeau :
C'est à vous, à présent, de le tenir bien haut,
De contre l'ennemi reprendre la querelle.
Si vous ne partagez des morts la foi rebelle,
Nos corps ne pourront pas dormir paisiblement
Sous les rouges coquelicots des cimetières
flamands.
Le coquelicot devient rapidement le symbole du souvenir à la mémoire des soldats
du Canada, des pays du Commonwealth britannique et des États-Unis qui sont morts à la guerre.
En 1934, le gouvernement français légalise la vente publique des bleuets sous le patronage de l’office national des anciens combattants
et mutilés de guerre.
Le 11 novembre 1939, en raison des circonstances de la guerre, le Bleuet de France et le Poppy britannique sont vendus en bouquets jumelés, symbole de l’alliance des deux
nations.
Depuis 1957, la petite fleur est proposée sous la forme d’un autocollant mis en vente dans toutes les communes de France les 8 mai et 11 novembre.
Les fonds récoltés sont destinés aux œuvres sociales en faveur des anciens combattants, veuves et orphelins de guerre et depuis peu hélas, aux victimes des attentats : aide au logement,
appareillages, maisons de retraite …
A noter qu’une partie des fonds est destinée aux projets pédagogiques des écoles portant sur un travail de mémoire.
Sources
:
Couverture Le pélerin
In Flander's Fields