Armistice
Publié le 10 Novembre 2007
En ce 11 novembre, je voudrais à ma manière célébrer l'armistice de la guerre de 1914-18.
Pendant plusieurs années, avec les enfants et le groupe musical auquel nous appartenions, nous allions rendre hommage, aux monuments de villages près de chez nous, aux morts pour la France.
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En ce 2 août 1914, le garde champêtre a annoncé à la criée, sur la place, une drôle de nouvelle. Nous nous y attendions un peu, mais espérions que cela ne viendrait pas. Cette drôle de nouvelle était rappelée par des affiches placardées sur les murs de quelques maisons.
Ces affiches blanches où flottent deux drapeaux français portaient en gros caractères "MOBILISATION GENERALE"
Je devais donc quitter Sennely, mon village natal de Sologne, où j'étais si heureux avec Yvonne que j'avais épousé il y a 10ans et
notre fille de 6 ans, pour aller défendre mon pays – La France.
A la maison, depuis l'annonce de cette nouvelle, je le voyais bien ma femme retenait ses larmes. Je la consolais comme je pouvais en lui disant que je sera de retour pour Noël, car cette guerre ne serait pas longue.
Puis vint le grand départ pour La Ferté-Saint-Aubin où je devais rejoindre le 331è régiment d'infanterie où j'étais affecté. Ma chère Yvonne et notre petite Antoinette m'ont accompagné près de la voiture à cheval qui devait m'emmener. Tout le village était là, car tous les hommes valides partaient, et pour Sennely, la dizaine de mobilisés que nous étions amenait bien des pleurs.
Le soir, j'arrivai à la Ferté-Saint-Aubin où je reçu mon équipement complet : un bidon, une musette de toile et un sac qui pesait vingt kilogrammes et qui contenant le paquetage réglementaire. Comme armement, le fusil Lebel et sa baïonnette. Malgré les projets de réforme, nous étions toujours vêtu de pantalon garance dont la couleur était très voyante. La couleur bleu horizon ne sera adoptée qu'au début 1915.
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Nous avions une artillerie lourde inférieure à celle dont disposaient les "teutons" qui utilisèrent à partir de 1915 des gaz asphyxiants ainsi que des lance-flammes. Pour nous protéger des gaz asphyxiants, nous devions porter un masque "groin de cochon" très peu pratique. |
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Après ces batailles, les brancardiers recherchaient des blessés qui attendaient souvent leur arrivée pendant des heures entre les lignes, quand ils n'étaient pas enterrés vivants par les retombées de boue des cratères d'obus. Ceux qui avaient des "petites blessures" se réjouissaient de ces atteintes car cela leur permettait d'échapper pour quelques temps à la menace de mort. |
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En 1917, nous n'en pouvions plus. Depuis deux ans et demi que nous nous battions, nous n'avions toujours pas obtenu ce que l'Etat Major voulait. Après avril 1917, date de l'échec sanglant de l'offensive Nivelles, les survivants se demandaient si cette guerre allait finir un jour et à quoi servaient tous ces sacrifices : certains se mutinèrent ce qui obligea l'Etat Major a punir durement les révoltés et surtout définir une autre politique de guerre pour que les hommes reprennent leur poste. Ils savaient désormais qu'il auraient droit aux permissions régulières, au juste repos à l'arrière des lignes, à la soupe chaude et aux trains rapides, sans attentes inutiles aux gares quand ils rentraient chez eux.
Lors des quelques permissions que j'ai pu effectuer, j'ai été dans mon village natal revoir ma femme et ma fille. |
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Les arrières organisaient une sorte de vie nocturne dont bénéficiaient les "planqués", et les profiteurs : ceux qui avaient obtenu
par relations, la possibilité de travailler dans les bureaux de l'arrière au lieu d'aller au front. Les soldats ne les aimaient guère. Ils étaient choqués de voir qu'à l'arrière, la vie se
poursuivait comme si de rien n'était. |
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Mais il ne fallait pas penser que rien n'avait changé à l'arrière. Du fait, du départ des hommes, les femmes étaient mobilisées pour travailler dans les usines, les bureaux, les ateliers et les champs. Elles prouvèrent dans d'innombrables métiers qu'elles pouvaient très bien remplacer les hommes –elles étaient quelques fois en majorité dans les entreprises.
Après quelques mois, la guerre de transforme en "guerre d'usure", une guerre d'usure qui se proposait d'anéantir patiemment l'ennemi par d'incessant bombardements. Souvent la puissance du feu, nous obligeait à s'abriter coûte que coûte en creusant dans le sol et en créant des fortifications.
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La guerre s'enterrait alors sur un "front" de 100 Km, de la mer du Nord aux Vosges. Les besoins de l'armée font que l'on a inventé de nouvelles armes, comme les "tanks" anglais et les chars Renault. Ces derniers, nous aidèrent beaucoup, surtout nous l'infanterie.
Pendant les périodes d'accalmie, entre deux offensives, les soldats des armées ennemis se rencontraient entre les lignes pour se parler, échanger du tabac ou du vin, et même faire une partie de football (comme cela s'est produit chez les Anglais pour la Noël de 1914). Ces mouvements spontanés de fraternisation sont si fréquents que les chefs n'osaient pas les réprimer.
On se demande pourquoi on se bat et même les volontaires ne savent pas. Le grand Etat-major laisse dans l'ignorance assez longtemps de la situation exacte, les combattants et les civils.
Nous avons eu des alliés qui venaient de partout pour faire cette guerre. L'Europe a engagé dans la guerre tous ses peuples colonisés. Elle avait largement fait appel aux soldats des armées "impériales" (Ne serait ce dans l'armée française, deux cent milles combattants sont venus du Maroc, d'Algérie, du Sénégal et d'Indochine). |
![]() Nota : Jacques Bardin aurait pu nous faire le récit jusqu'au 15 avril 1917. Car il a donné sa vie pour que l'on continue de vivre libre en France, le 16 avril 1917 à La-Ville-au-Bois, lors de l'engagement sanglant de Nivelles au Chemin des Dames. Il est enterré au chemin de Beaumarais, commune de Pontavert. Cet homme là est mon arrière-grand-père. |
Ce texte a été écrit par Nelly, notre fille, lorsqu'elle était en 1ère (il y a quelques années).
La note obtenue à ce devoir est de 15/20
Sa bibliographie a
été
-La vie privé des hommes : Au temps de la Grande Guerre –Pierre Micquel - Jacques
Poirier
- Histoire de France et des Français au jour le jour : 1902-1969 Alain Decaux
– André Castelot
-Sa grand-mère, la fille de Jacques Bardin, (la mère de mon
DE)
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Il y a eu 90 ans
- Citation à l'ordre de la nation
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- Médaille de guerre - Portrait au crayon du grand-père,
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Ces souvenirs m'ont été donnés, il y plusieurs années par belle-maman elle-même, je les ai mis en valeur pour leur rendre hommage.
La petite table ne supporterait pas des kilos sur son dos, mais je l'apprécie beaucoup. |
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Vous voulez en savoir plus sur le chemin des Dames et l'offensive Nivelles ? Vous pouvez aller visiter
Le blog sur la guerre de
14-18
Le mémorial virtuel du Chemin des Dames "qui permet de retrouver la trace
des hommes tombés au Chemin de Dames . Et de renouer à partir de milliers de destins individuels, les fils d'un drame collectif"
° ° °
Et comme toute commémoration se fait aussi en musique. Je vous mets les paroles de la chanson que Belle-maman chantait. Chanson d'un anonyme qui résume la colère
des soldats.
Vous pourrez voir ici une vidéo avec cette chanson
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Quand au bout d’huit jours, le r’pos terminé, On va r’prendre les tranchées, Notre place est si utile Que sans nous on prend la pile. Mais c’est bien fini, on en a assez, Personn’ ne veut plus marcher, Et le cœur bien gros, comm’ dans un sanglot On dit adieu aux civ’lots. Même sans tambour, même sans trompette, On s’en va là haut en baissant la tête.
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C’est malheureux d’voir sur les grands boul’vards
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