Histoire de ....
Publié le 15 Août 2005
Je ne m'aimais pas. Et, cette nuit, moins encore que d'ordinaire. En ce 16 mai de l'an de grâce 1133, personne n'avait besoin de moi.
J'avais beau apprécier l'attente, je guettais chaque pas affairé dans le corridor, chaque craquement des planchers disjoints, chaque son de voix qui franchissait ma porte fermée ou montait par le conduit de la cheminée et gazouillait dans l'âtre éteint.
Je guettais, avec ce sentiment de plus en plus oppressant de solitude, " l'instant ". L'instant où s'ébranleraient les cloches de la cathédrale d'Angers, si proche du château qu'elles feraient trembler les murailles de pierre.
Dame Mathilde, duchesse de Normandie, comtesse d'Anjou, du Maine et de Touraine, petite-fille de Guillaume le Conquérant et prétendante légitime à la couronne d'Angleterre, enfantait dans l'hospice, au bas de l'escalier de bois, et j'étais là, inutile, rejetée, quand je frémissais de savoir l'enfant si proche ; reléguée comme la moins efficace des servantes par mère qui, elle, était tout dans cette maisonnée : ventrière, conseillère, astrologue, apothicaire, régisseur... sorcière. Et moi, je n'étais rien ! Rien qu'une fillette malingre de douze ans, perchée sur des jambes qui ressemblaient à des piquets de barrière et que je n'aimais pas davantage que le reste. Ni mes cheveux entre le blond et le roux, ni mes yeux désespérément grands dans ma figure longue tapissée de taches de rousseur. J'étais laide. Laide de ne servir à rien quand mère était tout.
Elle m'avait envoyée tantôt dans les bois alentour ramasser des simples dont elle avait prétendu la nécessité. Ils étaient là, posés sur une table dans ma chambre. Lorsque je m'étais avancée, fière de mon importance, aux portes de l'hospice où dame Mathilde hurlait, mère m'avait frotté le crâne, emmêlant mes boucles rebelles malgré mes longues nattes.
- Plus tard, Canillette. La comtesse est faible, l'enfant naîtra avec la pleine lune. Il sera gros et vigoureux. Sa venue est difficile. Chacun a sa part de besogne, et ta petite frimousse curieuse ne pourrait que gêner. Va.
C'est Loanna de Grimwald, descendante de Merlin qui parle. Celle qui devriendra dame de compagnie de Aliénor d'Aquitaine et s'en fera une amie. L'enfant qui est sur le point de naître n'est autre que Henri futur Plantagenet.
Alienor d'Aquitaine dont le destin semble tracé : devenir l'épouse de Henry de Plantagenet, prétendant au trône d'Angleterre vacant. Mais à force de complots et après la mort prématuré du père d'Aliénor, Louis VI Roi de France, soutenu par l'Ordre des Templiers chrétiens, assistera le 25 juillet 1137 au Mariage de son fils Louis le jeune avec Aliénor. Mais Loanna de Grimwald veille et empêchera Alienor de donner un héritier au royaume de France.

Un roman que mes enfants m'ont offert et que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire pendant ces vacances.
Roman de fiction sur un fond historique que je vous invite à lire.
Tous les ingrédients que j'aime sont réunis.
L'époque, le lien historique, la magie, l'aventure.
Traverser le temps et les lieux : l'Aquitaine, Paris, Blaye et Jérusalem.
Pour vous mettre dans l'ambiance du livre, un petit tour http://www.dagobert.fr/alienor/, tout y est.
Quelques sites "historiques" sur la vie d'Aliénor d'Aquitaine. http://perso.wanadoo.fr/historia2000/personnages/alienoraquitaine.htm
http://www.herodote.net/histoire04010.htm
http://www.histoire-en-ligne.com/article.php3?id_article=936
/http%3A%2F%2Fperso.wanadoo.fr%2Fpvsn%2FBlaye%2FCitadelle%2Fimages%2FRudel_1.jpg)
La ville de Blaye avec le chateau des Rudel (le troubadour dans ce roman)
http://perso.wanadoo.fr/pvsn/Blaye/
Je vous souhaite une bonne lecture /http%3A%2F%2Fwww.yatoula.com%2Fgif%2Flivre%2Fliv07.gif)
